CHRONIQUES




Vous trouverez sur cette page des critiques de films documentaires vus, des chroniques sur l'audiovisuel en général, des prises de position, réalisées par des membres de l'association IPE

"Images-Imago"

Chez les romains, "l'imago" désignait à l'origine les portraits des ancêtres réalisés en cire sur le visage des morts à condition qu'ils soient de la respublica.

Elle signifie aussi la ressemblance mais aussi le support du souvenir. Depuis toujours l'imago est l'instrument du témoignage.


Le cinéma en trois hypothèses

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poloAnalyse du film "Polo et les professionnels"

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Extrait du film

 


 

  1. La voix de son maître
  2. Chroniques du FIDM
  3. Un cas avéré de censure à la télévision
  4. Images, télé et racailles
  5. Petite chronique sur des images vues
  6. Ca y est ! Les chiffres sont enfin tombés ! et TVASSO (Voir TV locales)

 




  La voix de son Maître…

L’idée m’est venue, en cette veille de débauche d’énergies et d’angoisses (au moins pour les candidats(tes)) propre aux élections (1er tour des municipales et des cantonales), de remonter la rue Breteuil pour aller écouter Gérard Mordillat et ce,  grâce aux efforts conjugués du Repaire , association organisatrice de la soirée et du Point de Bascule , un de ce nombreux lieux de détente culturelle marseillais. Il y a le Gérard Mordillat cinéaste mais aussi le Gérard Mordillat romancier mais ce soir, la projection de son film  La voix de son maître  réalisé en 1979, risque d’avoir  une saveur particulière en cette douce période de joutes publiques intra patronales où la femme (comme pour fêter avec panache ce  8 mars) tient le premier rôle…
Il faut vous dire que la Voix de son maître, documentaire en N et B, co- réalisé avec Nicolas Philibert (vous savez celui de Etre et avoir mais aussi de La ville Louvre), est un peu un film hors norme. C’est qu’il fallait une certaine force de persuasion pour convaincre, sous le règne de Giscard, les grands patrons de l’industrie, de s’exprimer devant une caméra fixe, dans  une posture souhaitée par eux mêmes mais dans un dispositif voulu par les réalisateurs, sur des thèmes aussi fort  que le pouvoir, les syndicats, le rôle du patron, l’autogestion !
Et ils ont accepté de se prêter au jeu, tellement imbus d’eux-mêmes ! Ils iront même jusqu’à débattre , dans une séquence montrée en début de film, quelques mois avant le tournage sur le futur titre du film pensant que « Patrons » ou « gagneurs » serait un bien meilleur titre !
On y voit ainsi dans ce film, qui a passionné l’ensemble du public,  tous ceux qui ont licencié des dizaines et des dizaines de milliers de salariés dans les années 80‘une vrai collection de plans sociaux). En tête : Jean Claude Boussac de  Boussac St frères, puis Guy Brana de Thomson, Alain Gomez de St Gobains Emballages, François Dalle de l’Oréal, Francine Gomez de Waterman (pour le côté femme aux dents longues), Michel Barba de Richier, Raymond Levy d’Elf Aquitaine, et même Gilbert Trigano et d’autres. Vous voyez, il y a aussi bien des patrons dits de gauche que des patrons dits de droite.
Jacques de Fouchier nous dira que «l’entreprise ne peut se vivre que dans le cadre d’une structure monarchique» tandis que Jacques Lemonnier d’IBM, dans une posture étonnante dans le hall du salon d’exposition du siège social ajoutera que « chaque homme et femme de l’entreprise  doit apprendre a reconnaître son chef et doit pouvoir le solliciter à tout moment«. Jacques Lebard, du Comptoir de Lyon est plus philosophique «dans l’entreprise, le balayeur et le patron ont la même difficulté pour réaliser leur mission». Mais nous aurons le droit aussi à l’évocation de la  terrible angoisse et même du traumatisme du patron devant la découverte du pouvoir syndical. !!
Bref une vraie séance de psychanalyse, non sur le canapé, mais tantôt devant la bibliothèque du «chef» ou sur un immense bureau, devant sa chaine de fabrication de Tv ou bien encore tout proche  du poumon de l’activité, de la vraie vie quoi ! qui a été comparé, dans un des propos, à une église !
Ces hommes et femmes sont souvent tendus devant la caméra mais au delà des propos tenus, leur posture suffit à elle même Tout ceci (avec des plans parfois difficiles, sans voix mais avec le son live, d’opérateurs sur les chaînes de production)  est bien filmé et on est ébahit devant tant de suffisance.
Les auteurs n’ont pas voulu y ajouter de contre propos  laissant la liberté à chaque spectateur de réagir devant le discours critique : image-son-montage.  Gérard Mordillat affirme qu’aujourd’hui, avec le même dispositif, il obtiendrait le même résultat (le cinéma est un outil critique qui rend opérant le discours). On le croira volontiers, bien qu’il soit devenu extrêmement difficile de filmer  dans une entreprise.
Au visionnage des rushes et du film, car ils l’ont vu avant nous ! certains « gagneurs » ont été surpris des plans de chaînes de production «mais , vous avez choisit des usines du 19ème siècle «  aurait dit « le Boss » de l’Oréal , «non, non, ce sont toutes les vôtres «leur affirmeront les auteurs !!

Mais ce film est aussi connu pour avoir été censuré à la télévision. Ah ! la fameuse censure Diffusé en salle, il est interdit de chaîne publique par F. Ulrich, … patron d’Antenne 2, il sera diffusé 13 ans après sur Arte. Pourquoi ? , parce que ce film était jugé subversivement par ces patrons ? Non, même IBM s’est élevé contre la censure ! (le CNPF voulait aider financièrement le projet !), Non c’est juste pour une sombre affaire de moeurs privés que le patron de l’Oréal serait allé voir le ministre de l’information…
Ce film rappelle évidemment un autre film culte sur le monde du travail, de Louis Malle : Humain, trop humain (1972) tourné aux usines Citroën à Rennes  avec cette fameuse séquence générique dans laquelle, dans un air de cantique, un portique piloté par une femme avance lentement dans un immense hangar, nous laissant sous-entendre que la machine, c’est DIEU !
 
Voilà c’était un ovni, vous n’aurez pas souvent l’occasion de le revoir en salle (il sortira en dvd), c’était un samedi à Marseille  et c’était juste avant d’élire le Maire…

Jean François Debienne (Chronique publiée dans bondy blog marseille)

    Gérard Mordillat (né en 1949), cinéaste, romancier, scénariste,  tient la rubrique littéraire du journal Libération au début des années 1980. Il est l'auteur de plusieurs romans, dont Vive la sociale ! (Mazarine, 1981) et Corpus Christi (Mille et Une Nuits, 1997).

Bibliographie
Notre part des ténèbres (2008),  Les Vivants et les Morts, 2005,  Zartmo, 2004, Comment calmer M. Bracke, 2003, Rue des Rigoles, 2002, Bethanie, 1996,  L'Attraction universelle, 1994, A quoi pense Walter ?, 1994
Filmographie   (Longs métrages)
1977/La voix de son maître,  1978/Patrons-télévision, 1983/Vive la sociale, 1985/Billy-Ze-Kick, 1985/Pas de vieux os, 1986/Le Fils Cardinaud , 1986/Mistral gagnant, 1987/Déserteur (Le), 1987/Fucking Fernand, 1988 /Cher frangin, 1990/Toujours seuls, 1993 /En compagnie d'Antonin Artaud, 1993 /la Véritable histoire d'Artaud le Mômo, 1995 /Architruc, 1997/Corpus Christi, 1998 /Paddy, 2000/l’Apprentissage de la ville           

Maison de la vie associative à Aix tel 0603150274

108, rue Breteuil, 13001 Marseille

 


 

Site FIDM





Les chroniques en direct du FIDM



Ça y est ! c'est reparti pour une overdose tout à fait recommandée par les autorités locales, de films documentaires. Six jours et 6 soirées sont proposés pour cette 17ème édition du Festival International du Documentaire de Marseille. Cela fera pour moi, à raison de 4 à 6 films par jours, selon ma forme, en ajoutant les séances vidéothèques, les représentations loupées car trop de monde dans les salles et les zappings car certains films sont vraiment trop ennuyeux, environ 35 à 40 films ! Il me faudra au moins une journée de repos pour récupérer.

Je vais vous livrer ici, non pas des critiques estampillées de films, mais simplement des impressions, des envies, des coups de cour ou coups de gueule que vous n'êtes pas obligés de partager. C'est juste un point de vue
Cela fait bien 10 ans que je vais au FID et j'aime ce festival même avec ses défauts !


1) Jeudi 6 juillet

1) Vendredi 7 juillet

1) Samedi 8 juillet

1) Dimanche 9 juillet


1) Lundi 10 juillet

1) Mardi 11 juillet



2) Un cas avéré de censure à la télévision !

3) Images, télé et racailles

4) Petite chronique sur des images vues

Ca y est ! les chiffres sont enfin tombés !